Logements: Ursulines Mons
- Introduction
- Fichiers liés
L’ensemble des édifices correspondant à l’ancien couvent des Ursulines forme un ensemble qui frappe par la richesse patrimoniale qu’il représente tout autant que par l’émotion qu’il procure lors de sa visite. Les matériaux, la patine laissée par le temps et le silence qui semble empreindre même les murs, composent une harmonie lumineuse transformant chaque pas en une expérience à la fois culturelle et sensorielle. On ne peut s’empêcher de façonner dans notre imagination le vécu d’un passé sans doute révolu, mais qui ne saurait priver l’avenir de la substance de vie qu’il a laissée derrière lui.Les pierres, les briques, le bois, les enduits, la terre cuite, tous ces matériaux sont autant d’ingrédients pour faire vibrer cette harmonie. C’est donc plus à une attitude générale que fait appel l’ensemble de l’ancien couvent des Ursulines.Cette attitude est présentée dans le document que vous tenez entre vos mains. Elle repose dans un premier chapitre sur la suggestion d’une esquisse considérée comme préambule indispensable à toute réflexion sur l’organisation et la gestion des travaux nécessaires.Elle se complète par le détail des compétences indispensables à une telle entreprise. Que la lecture du présent document soit donc considérée comme un parcours à travers une pensée qui, dans un proche avenir, devra mener à une nouvelle vie pour cet ensemble hors du commun.
Bon voyage.
Il est bien entendu question de restauration, pour préserver et entretenir ces traces du passé.
« Il ne s’agit pas de le figer dans un illusoire état historique qui ne serait qu’une fugitive construction du présent, et en le laissant ouvert à son histoire future, qui commencera par une réutilisation en logements pour personnes en difficulté. » (Extrait du texte de Catherine Titeux)
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Logements: Ursulines Mons
L’ensemble des édifices correspondant à l’ancien couvent des Ursulines forme un ensemble qui frappe par la richesse patrimoniale qu’il représente tout autant que par l’émotion qu’il procure lors de sa visite. Les matériaux, la patine laissée par le temps et le silence qui semble empreindre même les murs, composent une harmonie lumineuse transformant chaque pas en une expérience à la fois culturelle et sensorielle. On ne peut s’empêcher de façonner dans notre imagination le vécu d’un passé sans doute révolu, mais qui ne saurait priver l’avenir de la substance de vie qu’il a laissée derrière lui.Les pierres, les briques, le bois, les enduits, la terre cuite, tous ces matériaux sont autant d’ingrédients pour faire vibrer cette harmonie. C’est donc plus à une attitude générale que fait appel l’ensemble de l’ancien couvent des Ursulines.Cette attitude est présentée dans le document que vous tenez entre vos mains. Elle repose dans un premier chapitre sur la suggestion d’une esquisse considérée comme préambule indispensable à toute réflexion sur l’organisation et la gestion des travaux nécessaires.Elle se complète par le détail des compétences indispensables à une telle entreprise. Que la lecture du présent document soit donc considérée comme un parcours à travers une pensée qui, dans un proche avenir, devra mener à une nouvelle vie pour cet ensemble hors du commun.
Bon voyage.
Il est bien entendu question de restauration, pour préserver et entretenir ces traces du passé.
« Il ne s’agit pas de le figer dans un illusoire état historique qui ne serait qu’une fugitive construction du présent, et en le laissant ouvert à son histoire future, qui commencera par une réutilisation en logements pour personnes en difficulté. » (Extrait du texte de Catherine Titeux)
SUGGESTION
L’esquisse comme préambule à toute organisation du travail
Bien que non demandée au stade actuel, l’esquisse que nous joignons à notre dossierde candidature témoigne de notre première approche d’un aménagement possible selonle programme envisagé par le Fonds du Logement dans ce bel ensemble architectural du début du XVIIIème siècle.Ayant été établie préalablement aux rencontres avec le Maître de l’Ouvrage et autres autorités publiques concernées, et certaines parties du bâtiment n’ayant pas encore été visitées par nous (caves), cette esquisse est donnée sous toutes réserve et des variantes possibles sont évoquées ci-après. Par ailleurs, les futurs relevés précis, études historiques et autres examens minutieux du bâtiment ne manqueront pas de mûrir le projet et permettront de déterminer les solutions architecturales et techniques les plus adéquates et étayées comme il se doit.
Programme
Le logement pour personne à mobilité réduite profite de la localisation pouvant être desservie le plus aisément par une rampe d’accès. Dans ce logement, une baie au moins devrait comporter une allège basse pour une vue agréable vers l’extérieur au niveau du regard d’une personne assise en permanence. La porte vers le jardin peut être vitrée,
mais cette solution minimale reste peu confortable pour l’habitant handicapé. Nous proposerons donc d’envisager l’abaissement de toutes les allèges de ce logement selonl’illustration ci-jointe. Cependant, bien que l’habitabilité soit à considérer comme une condition essentielle, spécialement dans le cas de l’adaptation à un handicap moteur, cette
modification d’un détail d’architecture porte peut-être sur les vestiges d’une des parties les plus anciennes du couvent, à moins qu’il ne s’agisse que d’un remontage après les bombardements de 1940 et 44. Parmi d’autres questions, cette proposition devra donc être préalablement débattue avec les services des Monuments et Sites. Il n’est pas impossible de placer ce logement adapté au handicap physique à l’étage, mais le niveau des allèges y est également relativement haut. De plus, il faut noter que le schéma d’organisation des plans tel que présenté ici permet d’éviter l’investissement (et le traumatisme) d’un ascenseur. Le logement pour la famille nombreuse est placé au rez-de-chaussée de manière à avoir l’accès direct depuis la rue et un accès vers le jardin. Ce logement est en duplex, les chambres étant toutes à l’étage.Les bureaux de l’Asbl Le Sapha restent au rez-de-chaussée, avec trois pièces indépendantes isolées. La surface de l’actuel retrait en façade est réincorporée dans les surfaces utiles, compensant partiellement la perte de surface nécessaire au rezde-chaussée du logement de la famille nombreuse. Si la surface ainsi donnée n’est pas suffisante, d’autres solutions existent, soit en mettant les bureaux du Sapha en duplex, soit en plaçant la famille nombreuse au premier étage. Ces deux solutions se feraient évidemment au détriment d’un des deux petits logements du premier étage.Les cinq logements destinés aux ménages supervisés par le Sapha (ménages d’une ou deux personnes dont un membre souffre d’un handicap mental) sont placés à l’étage et sous le comble, réunis par les escaliers existants qui ne subiraient pas de modifications notables.
Outre l’usage initial de circulation, les locaux accueillant ces escaliers sont destinés à créer une ambiance de vie commune, notamment dans le comble aménagé en salon commun dont l’occupation serait gérée par le Sapha. Ce dernier local bénéficie d’une lucarne existante au nord et pouvant être vitrée. La possibilité existe apparemment de placer des espaces en mezzanine entre les fermes de charpente mais, dans ce cas, il faudrait vérifier queces charpentes sont capables de supporter une élévation des charges.
Une autre proposition que nous souhaitons débattre avec le Fond du Logement et les services des Monuments et Sites, consisterait dans la construction d’un étage sur l’aile arrière nord pour s’y inscrire dansles gabarits anciens des bâtiments qui entouraient le jardin. Dans ce cas, nous proposerions une architecture sobre mais contemporaine, sans ambiguïté, en dialogue avec l’existant maintenu. Nous pensons qu’une architecture nouvelle, permettant de loger un ménage supplémentaire, pourrait qualifier ces vestiges un peu désolants et actuellement médiocrement investis.
Architecture, restauration
Le projet se fond dans les bâtiments existants, magnifiques et dont la restauration sera respectueuse, les transformations étant légères et réversibles. Certains choix de restauration sont toutefois présentés avec la réserve de la vérification technique, culturelle et financière. La restauration des façades, particulièrement en ce qui concerne la pierre, fera l’objet de nos soins très attentifs. Cet aspect particulier est développé dans un chapitre distinct
(“restauration des façades en briques et pierres”).En façade avant (square Roosevelt), la galerie en retrait au rez-de-chaussée est supprimée. Trois des baies de fenêtres au rez-de-chaussée seraient restaurées dans leur état d’origine par la reconstruction des allèges, tandis que deux autres seraient maintenues en accès.En façade arrière, outre la modification d’une baie pour le logement dans l’annexe basse, une baie devrait pouvoir être modifiée pour permettre l’accès commun au jardin. Il s’agit d’une autre proposition souhaitable pour les qualités d’habitabilité de l’ensemble des logements supervisés par le Sapha, mais à soumettre préalablement à l’avis des Monuments et Sites. Les châssis des fenêtres seraient remplacés en respectant le matériau, le dessin et les profils originaux. Il ne nous semble pas impossible de récupérer partiellement les anciens châssis en chêne.En toiture, l’habitabilité du comble nécessite la multiplication des lucarnes “en chien assis” sur base du modèle existant. Des fenêtres de toiture pourraient être placées dans des parties non visibles de la toiture (voir plans). La cheminée existante dans le bâtiment principal pourrait être remise en service et apparaîtrait donc à nouveau au faîte de la toiture (la chaufferie serait en cave, si possible). Les travaux concernant les couvertures de la toiture
et des corniches seront étudiés notamment sur base de l’histoire et des techniques initiales du bâtiment. Intérieurement, les planchers nécessitent des supports intermédiaires. L’esquisse proposée apporte une solution à ce problème. Les plans sont structurés sur l’idée d’une rangée de services au centre du bâtiment. Ces locaux seraient installés dans des parois portantes, renforçées au moyen d’une structure en acier. Cette structure nouvelle (et réversible) s’étagerait par superposition sur tous les niveaux ainsi consolidés et permettrait d’accueillir l’essentiel des équipements techniques.Outre le renforcement structurel général des planchers, il faudra faire une inspection systématique des bois dans le bâtiment. Une attaque de mérule est visible dans l’annexe droite au premier étage. Les techniques de traitement de ce problème nous sont heureusement bien connues.Les parties récupérables des planchers (solivages et planchers) seraient maintenues en place, les remplacements et renforcements seraient réalisés en matériaux secs, principalement à base de boisAu niveau des combles, les larges planches en chêne nous semblent valoir l’effort deles maintenir.
Les fermes de charpentes dans les parties aménagées des combles resteraient visibles. Les cloisonnements et les espaces des locaux de ce niveau seront conçus en dialogue avec ces éléments architecturaux mis en valeur. Les sols en pierre sombre au rez-de-chaussée seront autant que possible maintenus.Les éléments majeurs ou caractéristiques de l’architecture et du décor ancien sont préservés. Les escaliers sont maintenus, de même que les garnitures de baies cintrées. Le jardin devra sans doute être réaménagé en fonction de l’utilisation nouvelle, mais ce point n’est pas abordé dans la présente esquisse. Les travaux de restauration devront être confiés à des artisans spécialisés et présentant des références de qualité.
Les logements pour personnes en difficulté
Les logements seront destinés aux personnes à mobilité réduite ou souffrant d’un handicap mental, à revenus modestes et en difficulté momentanée : que signifiera cela dans le projet architectural?
Nous partons du principe que toute architecture doit être conçue pour la diversité humaine: les individus ne sont pas égaux face à leur environnement physique, économique ou social. Mais toute personne est à un moment ou l’autre de sa vie en situation de handicap ou de difficulté, ainsi l’enfant, le malade, la personne âgée. Tout un chacun peu avoir à souffrir, à divers degrés, de manière temporaire ou permanente d’un trouble fonctionnel, d’une incapacité physique ou mentale, d’un handicap sensoriel. Mais une infirmité ou une incapacité ne devient un réel handicap que lorsque l’environnement physique et social est inadapté, voire hostile ; il a pour conséquence inévitable l’exclusion.
Qu’il s’agisse d’un handicap moteur, sensoriel, mental ou d’une situation difficile qui rend de même « inférieur », tout élément qui contribue à compenser voire supprimer le handicap ou la difficulté rend la personne valide et capable. Le cadre de vie quotidien doit jouer ce rôle, grâce à des dispositifs architecturaux et spatiaux certes particuliers mais
qui contribuent à améliorer pour tous l’accessibilité et le confort. Mais la simple application des dispositions réglementaires n’est pas suffisante, la qualité architecturale des espaces joue aussi un rôle compensateur. La variété des espaces, la diversité des stimuli, et la beauté de l’architecture sont indispensables. Le soin porté au lieu de vie de la personne la valorise, contribue à lui rendre la confiance en soi, la sécurité psychique etla dignité nécessaires à une meilleure intégration sociale. C’est pourquoi nous apporterons une attention particulière à la mise en valeur des espaces et de l’architecture existants. L’ancien couvent des Ursulines, grâce à ses qualités intrinsèques est en soi un univers favorable à l’insertion des personnes en difficulté : par sa monumentalité, la façade d’entrée représente symboliquement le lien au monde extérieur, la relation à la société urbaine, tout en cachant et protégeant un monde clos et chaleureux. La distribution et l’orientation des logements seront conçus pour être propices aux échanges tout en préservant l’intimité des personnes, et pour permettre l’évolution discrète mais efficace du personnel aidant ou soignant.
COMPETENCES
Capacité de gestion et de coordination
Les procédures et méthodes de gestion propres à ce chantier ne s’écarteront pas de celles de tout chantier de cette envergure, sinon en ce qui concerne les aspects particuliers liés au techniques de restaurations à adapter au cas spécifique de l’ancien Couvent des Ursulines.C’est pourquoi nous avons choisi de présenter dans ce chapitre notre première approche de la rénovation des façades, puisqu’il apparaît assez clairement que c’est dans cette partie que se concentrent les questions parmi les plus aiguës de la restauration de cet ensemble architectural remarquable.
L’intégration dans notre équipe soumissionnaire d’un ingénieur en stabilité spécialisé dans les techniques de restauration renforce notre capacité à faire face aux procédures spécifiques de ce type projet. Pour le reste, c’est bien à l’architecte qu’il appartiendra d’opérer la coordination entre les corps de métier spécialisés dans les travaux de restauration, la planification étant soumise à l’accord du Maître de l’Ouvrage, ou mieux, du Comité d’Accompagnement. En effet, il nous semblerait intéressant que ce Comité puisse agir au delà de la sélectiondu soumissionnaire, au cours du processus du projet et de sa réalisation, pour les deux aspects spécifiques de ce dossier, à savoir la restauration du patrimoine et le logement pour les personnes en difficulté.
La restauration des façades brique et pierre
Description et historique sommaires
La façade sur rue de l’ancien couvent des Ursulines est un ensemble monumental de grande ampleur, extrêmement harmonieux : de part et d’autre du portail donnant accès à la chapelle, à ordre colossal de colonnes corinthiennes jumelées et fronton courbe, se développent 12 travées à gauche et 15 à droite, toutes identiques. Cette longue façade et la chapelle qui s’y incorpore datent de la campagne de travaux entreprise entre 1705 et 1728 (millésimes de 1711 sur la partie droite et de 1710 sur le pignon de l’église). Seules les 6 travées situées à gauche du portail sont concernées par la restauration dans le cadre du présent appel d’offres. Étant donné l’exceptionnelle qualité de cet ensemble, la présente entreprise devrait pouvoir initier des campagnes de restauration ultérieures
redonnant à la façade son unité originelle.Les deux niveaux de la façade comportent un sobre décor : un réseau de moulures plates forme chambranles des fenêtres cintrées et encadrements aux remplissages de brique. Les bandeaux horizontaux reliés aux chambranles au niveau des impostes et des allèges, soulignent une frise de brique aux premier et second niveaux. Les seuls accents ornementaux sont constitués par le larmier mouluré du second niveau, la corniche et les encadrements de la porte d’accès au logis, symétrique et identique à celui des six travées de gauche. Les montants de la porte sont constitués d’assises de bossages en table et le linteau de crossettes, le tout couronné par un larmier et une portion de corniche moulurée.Le dessin des fenêtres, en arc surbaissé, est typique de la deuxième moitié du XVIIe siècle et du XVIIIe siècle ; le quadrillage de la façade par une structure en pierre contrastant avec les remplissages de brique s’inscrit dans la tradition de l’architecture « brique et pierre » issue de la fin de l’époque médiévale et classicisée en France au début du XVIe siècle.Sur la cour, la partie correspondante aux six travées concernées, également construite au début du XVIIIe siècle, présente de même une façade brique et pierre mais de structure différente : les angles des corps de bâtiment et les chambranles des fenêtres sont en chaînes harpées, au premier niveau un larmier forme une ligne sinueuse alternativement droite sur
les trumeaux et arquée au dessus des fenêtres cintrées. L’aile est, vers la rue, est couronnée par un entablement de brique et par une rangée de lourds modillons, alors que l’aile en retour et l’avant-corps de l’aile est, sont couronnés par une simple corniche. Tous ces éléments constituent l’unique décor de ces façades très simples mais raffinées grâce aux jeux d’alternance, aux lignes horizontales ondulantes introduisantun léger élément de variation dans ces façades au rythme très régulier. Le grand quartier d’habitation construit lors de la première campagne de travaux en 1659-62, forme U en fond de cour.
Les ailes ouest et nord ont été détruites lors des bombardements de la seconde guerre mondiale ; seuls subsistent les premiers niveaux de façade, en brique et pierre bleue, avec croisées à meneaux et traverses de pierre bleue, probablement remontés partiellement ou totalement. Le rez-de-chaussée de l’aile nord a été complété par des remplissages de brique et couvert par une toiture plate médiocrement revêtue d’un roofing. Premières observations in situ : matériaux et altérationsSur les corps de bâtiments datant du début du XVIIIe siècle, l’ensemble de la modénature et des membres, -chambranles et harpes, est en pierre calcaire, probablement en pierre de Balegem ou similaire. Les assises de soubassement sur rue et sur cour sont en pierre bleue et, sur rue, la moitié inférieure des montants des portes sont également réalisées en pierre bleue, jusqu’à une hauteur de 2m environ. Les remplissages sont en brique, avec un badigeon rouge sur la rue ; sur la cour, les encadrements, les chaînages ainsi que les remplissages ont reçu un badigeon de couleur blanchâtre, actuellement très dégradé ; les parties en pierre ont reçu moins de couches de badigeon que les remplissages de brique. Les façades sur rue et sur cour présentent des altérations à tous les niveaux ; celles ci sont plus importantes sur les façades sur cour orientées à l’ouest. Les éléments en pierre calcaire présentent des altérations en plaques : desquamations et délitages. Les altérations sont peu importantes sur les remplissages de brique et quasi nulles sur les éléments de pierre bleue. Certaines pierres de la façade sur cour ont été remplacées. Une portion de corniche de l’aile en retour a été grossièrement réparée par un élément en béton que nous nous proposons d’éliminer et de remplacer par une corniche en pierre à l’identique.
Principes de restauration
Nous proposerons des solutions de restauration dans un souci de mise en valeur des qualités architecturales des façades. Les traitements spécifiques a mettre en oeuvre doivent avoir pour objectif la stabilisation, voire l’arrêt, du processus d’altération, le maintien des matériaux d’origine, dans toute la mesure du possible. Les solutions techniques employées doivent également permettre la reversabilité de la restauration. C’est pourquoi nous préconisons une restauration à l’identique, fondée sur une connaissance précise de l’histoire de cet ensemble monumental et sur des observations fines de l’état actuel. Nous nous proposons, préalablement à l’étude technique, d’effectuer toutes les recherches archivistiques nécessaires, tant des sources écrites qu’iconographiques, permettant de nous instruire sur les différents états de l’édifice. Mais la restitution a des limites, amplement commandées par des questions de coût mais aussi parce que nous considérons qu’une certaine tolérance vis à vis des dommages créés par le temps doit être admise. Ces dégradations naturelles font partie de l’histoire du bâtiment et la rénovation intégrale de l’édifice serait un leurre, considérant qu’il n’existe pas d’état initial qui pourrait servir de base à la restitution. Le parti de restauration est toujours issu de la mise en équation de données historiques, techniques, et budgétaires, mais chaque édifice du patrimoine est un cas particulier ; le Couvent des Ursulines se présente comme un ensemble bâti unitaire mais non homogène, construit sur une longue durée, dont nous souhaitons transmettre la mémoire. Il ne s’agit pas de le figer dans un illusoire état historique qui ne serait qu’une fugitive construction du présent, et en le laissant ouvert à son histoire future, qui commencera par une réutilisation en logements pour personnes en difficulté.
Les études préalables
Avant toute préconisation, il convient d’effectuer toutes les investigations qui doivent permettre le choix d’un traitement approprié. Le protocole que nous proposons se déroule en deux phases. La première établit le diagnostic: relevé et observations in situ, consultation d’un laboratoire indépendant, consultation de la Commission des Monuments et des Sites. Dans la deuxième phase, les données observées, les résultats d’analyses et les avis de la Commission des Monuments et des Sites doivent aboutir à des prescriptions spécifiques, concernant le type de traitement à adopter, les choix de restitutions et leurs limites. Observations in situ : types de pierre, pathologies de la pierre et de la brique : description des dégradations apparentes, localisation des pierres endommagées. Une première observation a révélé que les dégradations étaient plus importantes sur les façades sur cour, et concernaient essentiellement les membres verticaux et horizontaux en pierre calcaire (chaînages et chambranles, corps de moulures horizontaux), et ce, sur toute la hauteur de la façade. Il faut donc en conclure que ces dégradations sont dues aux intempéries, à la gélivité de la pierre calcaire employée et, probablement, à des éclatements provoqués par crypto-efflorescences accentués, en milieu urbain, par la pollution de l’atmosphère (présence de sulfates). Nous procéderons à un premier relevé précis de la façade avec marquage des pierres et des briques repérant les types de pierre, leur provenance et les pathologies observées. Les observations sur les badigeons feront l’objet d’un document annexe. Ces observations sont destinées à dresser un état des lieux et doivent servir de base à une étude plus approfondie effectuées par un laboratoire indépendant.
Analyses en laboratoire
Les analyses en laboratoire porterons essentiellement sur les pierres. Des analyses chimiques seront effectuées sur plusieurs prélèvements significatifs permettant de déterminer les causes des altérations. Sur les badigeons, le dénombrement des couches sur les parties en pierre et parties en brique, l’analyse des pigments, sera effectuée. Le laboratoire devra donner son avis sur le traitement spécifique à préconiser. Il sera discuté, en accord avec la Commission des Monuments et des Sites, de la nécessité de maintenir les badigeons à la chaux, généralement en usage au XVIIe et XVIIIe siècle, mais nécessitant un entretien régulier.
Les techniques de restauration
Nous préconisons des techniques de restauration douces qui permettent d’éviter le remplacement des pierres.
Sur l’ensemble des façades sur rue et sur cour : grattage des badigeons, lavage à l’eau ruisselante, éventuellement additionnée de produits tensio-actifs , décapage des parties pulvérulentes sur éléments en pierre ; sur remplissages de briques : grattage des joints à la main. Après cette première phase, un second relevé sera établi indiquant les types de traitement à appliquer.Application d’un produit durcisseur et d’un produit hydrofuge sur l’ensemble de la façade (type procédé Lancot) ; rejointoyage au mortier de chaux. Les parties moyennement ou faiblement endommagées ne recevront pas d’autre traitement. Sur les éléments fortement endommagés, essentiellement sur les parties plates, on procèdera au remodelage avec un mortier composé de poudre de pierre de carrière et d’un liant minéral, et à l’application d’une patine. Des remplacements ne seront envisagés que si la structure interne de la pierre totalement dégradée; les pierres calcaire seront remplacées par de la pierre du même type (pierre de Massengy ou Savonnière).
















