Saint-Martin-Boulogne
- Introduction
- Fichiers liés
Habiter le paysage
- Rejoindre la Liane. La dimension paysagère, le potentiel foncier et la capacité de désenclavement du quartier que représente ce lien, offrent une large palette de réponses aux attentes des habitants pour des espaces publics aisément accessibles, mais également un potentiel d'équipements de proximité ou d'activités économiques fondées sur le commerce et le loisir, en ligne directe à la politique globale de l’agglomération boulonnaise.
- Garantir une mixité sociale. Par les types d'habitations prévues (mélange de petites et grandes unités) autant que par le traitement des espaces extérieurs (passage du public au collectif au privé) la proposition cherche à attirer une population faite de tranches d'âge différentes et complémentaires, répondant au besoin de logements pour personnes âgées autant que pour jeunes familles susceptibles de s'agrandir rapidement.
| Format | Titre/lien | Publié |
|---|---|---|
| pages | Saint-Martin-Boulogne PRESSE | 2007-08-03 20:53:21 |
| blog | Habiter le paysage | 2007-08-03 20:25:11 |
| Format | Description du fichier/lien | Publié |
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Saint-Martin-Boulogne
‘Habiter le paysage’
Requalification de la friche Alkos et schéma directeur du quartier Bréquerecque sud.
La commune de Saint-Martin-Boulogne a engagé un processus de transformation du quartier Bréquerecque sud situé à la frontière de son territoire avec Boulogne-sur-Mer et à l’extrémité d’une continuité paysagère qui accompagne cette commune en forme de croissant, depuis la pointe nord à hauteur de la colonne de la Grande Armée jusqu’à la pointe sud vers la Liane. Bordé par cette rivière dont la force de l’étendue liquide est une invitation à une autre étendue, maritime celle-là, le quartier Bréquerecque sud semble coupé du reste de la commune par la route de Paris, voie de pénétration historique importante vers le centre ville. Egalement coupé des abords de la Liane par le boulevard Diderot-d’Alembert, le quartier semble isolé entre la gare de chemin de fer et le carrefour d’Alembert. Son tissu est découpé par plusieurs friches industrielles dont seule la firme Conté est encore en activité.
En relais à ce passé industriel et en prévision de la nécessaire gestion du patrimoine bâti ou paysager qu’il nous laisse, la commune de Saint-Martin-Boulogne, en partenariat avec la SAIEM Boulogne-sur-Mer et sous les auspices de Boulogne Développement Côte d’Opale, a lancé en septembre dernier une consultation auprès de diverses agences d’architecture et d’urbanisme, afin de proposer une vision sur le quartier Bréquerecque et d'étudier la réaffectation de la friche Alkos dans le cadre de cette vision globale.
Basée à Bruxelles, Tournai et Lille, l’association momentanée l’Escaut – ZIGZAG fut sélectionnée pour son approche méthodologique tout à fait particulière. Appelée ‘Bottom-up’ (du bas vers le haut) dans les pays anglo-saxons, cette méthodologie consiste à partir d’une connaissance approfondie des attentes et potentialités du terrain, pour arriver finalement à une vision plus large, tenant compte d’enjeux de société tels que l’écologie, le développement durable, la mixité sociale, l’intégration raciale…. Cette démarche permet de créer un ‘ancrage au sol’ dépassant la vision aérienne des cartes et maquettes.
De février à avril 2007, l’équipe d’architectes et urbanistes a pratiqué de nombreuses visites dans et autour du site. Une anthropologue, Aïcha Dinguizli, et un paysagiste, Bjorn Gielen, ont séjourné sur place pour mieux s’immerger dans la matière culturelle, sociale, physique, topographique, naturelle et urbaine qu’offre ce quartier de ville.
Sur base d’un toute-boîte distribué par la commune de Saint-Martin-Boulogne dans le quartier Bréquerecque sud et alentour, la jeune anthropologue put rencontrer les habitants et récolter leurs témoignages. Il en ressort plusieurs enseignements, par exemple que les habitants sont attachés à leur quartier, mais qu’il leur manque des lieux de convivialité, des lieux de contact avec la terre et la paysage. Nous apprenons également que les plus jeunes n’hésitent pas à traverser la Liane ou à se rendre de l'autre côté de la ville pour trouver des salles de sport et terrains de foot. Une autre particularité qui a sauté aux yeux des auteurs de l’étude est le soin accordé aux jardins des habitations unifamiliales. Qu’ils soient en front à rue ou en intérieur d’îlot, ils attestent aussi bien d’un goût pour la décoration (haies, buissons, plantes, fleurs…), que d’un intérêt pour la culture potagère.
Nous remarquons aussi qu’une forte dynamique sociale et économique se développe le long de la route de Paris, quoique plus orientée vers Boulogne-sur-Mer et concentrée aux abords de la place Henri Henneguelle. De commerces en bistrots en passant par l’hôtel Mariany, une solidarité se développe entre les commerçants, leur clientèle et toute personne qui part à la rencontre de cet univers ouvert et accueillant. C’est ainsi que, si les habitants semblent méconnaître les activités proposées par des structures plus institutionnelles (Tremplin formation sur le site, la Faïencerie ou le Roll Mops sur le territoire de Boulogne-sur-Mer), c’est d’une réelle solidarité que l’on peut parler par exemple via la contribution que plusieurs commerces et associations ont apportée au Roll Mops Théâtre pour l’équipement en sièges de ses gradins.
Une particularité des plus frappantes est l’attachement à l’histoire du lieu, celle de l’après-guerre comme celle de l’époque industrielle, présente dans le discours des habitants et paradoxalement révélée en termes d’absences sur le terrain.
Un souvenir souvent ravivé est le petit train Portel-Bonningues qui acheminait les habitants et leur production potagère et maraîchère de Bonningues au marché de Portel. Il a laissé un tracé méandreux extrêmement riche par son ancrage dans le paysage, malheureusement interrompu par des constructions ou des appropriations de terrain plus ou moins compréhensibles. De 1902 à 1935, le Portel-Bonningues a relié le quartier Bréquerecque sud au centre de Boulogne-sur-Mer d’une part et au paysage marqué par de fortes déclivités entre la Liane et les piémonts du Mont Lambert d’autre part.
A partir de cette approche de terrain, le bureau d’étude propose des pistes pour ‘habiter le paysage’. Prenant appui sur la proposition des habitants à prendre du plaisir dans l’environnement de leurs habitations, et reliant cette qualité aux ambitions de la plupart des programmes internationaux de mutations urbaines (URBAN, INTERREG, FEDER ...), lesquelles font appel à de nouveaux comportements de la part des habitants et des autorités, l’équipe propose deux axes majeurs pour atteindre cet objectif.
Rejoindre la Liane.
La dimension paysagère, le potentiel foncier et la capacité de désenclavement du quartier que représente ce lien, offrent une large palette de réponses aux attentes des habitants pour des espaces publics aisément accessibles, mais également un potentiel d'équipements de proximité ou d'activités économiques fondées sur le commerce et le loisir, en ligne directe à la politique globale de l’agglomération boulonnaise.
Garantir une mixité sociale.
Par les types d'habitations prévues (mélange de petites et grandes unités) autant que par le traitement des espaces extérieurs (passage du public au collectif au privé) la proposition cherche à attirer une population faite de tranches d'âge différentes et complémentaires, répondant au besoin de logements pour personnes âgées autant que pour jeunes familles susceptibles de s'agrandir rapidement.

De rebonds en rebonds, le long de la pente qui distribue des plateaux et talus entre la route de Paris et la Liane, des cordons de constructions creusées, façonnées, continues dans leur implantation, mais discontinues dans leurs gabarits, chevauchent les surfaces du relief.


Au sommet de ce paysage ‘en terrasse’ et ouvert sur l’hinterland et vers la mer, le bâtiment Alkos offre un réceptacle lumineux pour une nouvelle vie. Dans cet esprit de mixité sociale, le bureau d’étude propose une complémentarité de fonctions tertiaires, de commerces, d’équipements et de logements spacieux, aérés, lumineux s’ouvrant à la demande la plus importante (T3 et T4). L’ensemble est distribué autour d’un patio qui intègre la dimension paysagère, créant un lieu contrasté entre la route de Paris et l’intérieur de l’îlot. Répondant à un manque évident de support Horeca tant pour les habitants que pour les employés d’entreprises telle qu’Armatis, le bâtiment pourrait également recevoir une combinaison originale d’équipement type restaurant et d’une crèche publique ou privée.
Comme une flèche lancée dans l’espace, le processus initié par la mairie de Saint-Martin-Boulogne, profondément vécu par le bureau d’étude en lien avec les habitants du quartier et avec le paysage s’offre comme une base solide, généreuse, pour un développement plus large qui rapprocherait toute l’agglomération de son paysage et de son patrimoine, et ce depuis l’intérieur des terres jusqu’à la mer, depuis la Liane, jusqu’à la ville fortifiée.















