Patinoire du Longdoz
- Introduction
- Fichiers liés
Dérapage contrôlé?
* Contexte
Médiacité: projet de promotion privée. Cherche investissements publics parallèles pour consolider une ambition démesurée.
Reconversion d'un site industriel en bordure de Meuse et de sa dérivation.
Studios télé (RTBF Liège), Multiplex Cinéma (Kinépolis) et équipement sportif (patinoire le la Ville de Liège). Trois équipements majeurs viennent cautionner l'érection d'un nouveau temple de la consommation.
Pour donner l'illusion, on mettra les moyens: une rambla ondulante couverte par une prouesse formelle et technologique dessinée par le designer israëlo-londonien Ron Arad, viendra déverser son flot de consommateurs badauds sur une plazza coupée de l'eau par une de ces multiples autoroutes urbaines dont la ville de liège à le secret.
* Histoire
* Ambivalence
* Une image avant d'être une architecture
* Objet positif
* Tendresse dans un univers de glace
Le projet est réalisé en association momentanée avec le BE Weinand
| Format | Titre/lien | Publié |
|---|---|---|
| pages_not_found | ||
| Format | Description du fichier/lien | Publié |
|---|---|---|
| pages_not_found | ||
Patinoire du Longdoz
Le projet est réalisé en association momentanée avec le BE Weinand
Dérapage contrôlé?
Contexte
Médiacité: projet de promotion privée. Cherche investissements publics parallèles pour consolider une ambition démesurée.
Reconversion d'un site industriel en bordure de Meuse et de sa dérivation.
Studios télé (RTBF Liège), Multiplex Cinéma (Kinépolis) et équipement sportif (patinoire le la Ville de Liège). Trois équipements majeurs viennent cautionner l'érection d'un nouveau temple de la consommation.
Pour donner l'illusion, on mettra les moyens: une rambla ondulante couverte par une prouesse formelle et technologique dessinée par le designer israëlo-londonien Ron Arad, viendra déverser son flot de consommateurs badauds sur une plazza coupée de l'eau par une de ces multiples autoroutes urbaines dont la ville de Liège à le secret.
* Histoire
Nichée au coeur du "Grand Palais des Fêtes" construit par l'architecte Jean Moutschen (1907-1965), membre du groupe l'Equerre, dans le cadre de l'exposition universelle de l'eau en 1939, l'actuelle patinoire communale souffre de tous les handicaps liés aux programmes exigeants injectés dans des bâtiments inappropriés.
Le caractère sinistre des lieux non entretenus, malgré la vitalité et la sympathie des gestionnaires de l'équipement sportif, génère insidieusement des comportements irrespectueux de la part des utilisateurs.
Gouffre financier en terme de consommation d'énergie, il ne manquait plus à ce fleuron de l'architecture des années 30 que de présenter les traces de vieillissement extérieures (les carreaux de grès couvrant les façades se décollent. Des filets emprisonnent l'édifice pour protéger de la chute des débris), pour amener les autorités à prendre la décision d'une construction neuve estimée moins coûteuse (7M€) qu'une rénovation de l'ancien palais (20M€).
* Ambivalence
Comment se nicher au coeur d'un projet privé, lorsqu'on est pouvoir public et qu'on n'a pas encore sous la main toutes les garanties techniques et juridiques pour valider des accords de partenariats public/privé?
Ce rapport amour-haine a sans doute agi inconsciemment dans la désignation d'un projet exprimant avec une sobriété quelque peu insolente, à la fois son autonomie formelle et l'exigence technique de son programme.
Niché dans une dent creuse de la Médiacité, le projet de la patinoire ressemble tantôt une énorme baleine blanche, tantôt à un glaçon échoué. Le thème d'un objet au bord de sa dérive est une métaphore de ce qu'il est sensé abriter: l'univers de la glisse, de l'eau glacée, des courbes fluides, de la blancheur immaculée, ...
* Une image avant d'être une architecture
Outre l'ambiguïté de son positionnement dans un contexte plutôt marqué par la testostérone (la Médiacité ne donne guerre l'image d'une négociation avec le quartier) , le programme de la patinoire est par nature un paradoxe: la consommation pour produire du froid est deux à trois fois plus importante que pour produire du chaud.
On ne s'étonnera pas dès lors que pour réduire le caractère quasi absurde d'une telle réalisation, toutes les mesures soient prises pour réduire au maximum les effets des rayons solaires sur les équilibres thermiques délicats à maintenir dans les différentes zones plus ou moins proches de la piste.
La logique du frigo s'est dès lors imposée générant avec elle toute la frustration liée à l'opacité d'un univers intérieur coupé de son potentiel de relations urbaines.
C'est donc tout le corps du bâtiment qui devra par sa nature, sa matière et ses formes, signifier la dimension relationnelle qu'il souhaite entretenir avec son environnement.
* Objet positif
Tel un cyclope effrayé d'écraser une puce sous son corps, l'objet architectural prend la forme d'un être vivant au repos. Sa masse couchée, aplatie sur le sol, semble soulever délicatement le nez pour laisser glisser sous son coup les véhicules qui s'abriteront au coeur de la Médiacité.
Son oeil gigantesque semble guetter une marque d'affection ou de reconnaissance. Seul percement transparent dans la façade, en dehors d'une horde de hublots au raz du trottoir, cette baie aussi grande qu'une antichambre, est comme l'écran ou le miroir sur lequel se projette l'âme secrète de l'organisme quasi vivant.
* Tendresse dans un univers de glace
Le monde de la glisse, en dehors de ses figures angéliques que nous offrent les spectacles de patinage artistique, est un univers de rudesse, de cognes, de collisions, d'épaisseurs amorties, de personnages boursouflés, etc. etc.
Le ballet incessant des patineurs amateurs réveille plus volontiers le souvenir du marathon de danse de "On achève bien les chevaux" de Sidney Polak (1970), que les images féeriques des danseuses étoiles.
De dimensions olympiques, la piste devra répondre avant tout aux règles des clubs de hockey. Tout matériau tendre ou fragile sera proscrit. Les équipements auront la "qualité prison".
Comment dès lors accorder quelque charme à ce monstre de béton et d'acier? Comment donner quelque peu de tendresse à cet univers de rigueur et de dureté?
Le choix d'une charpente en bois a considérablement pesé dans la balance, de même que l'ajout d'un salon de glace à l'extrémité de la piste. L'idée de compléter
l'équipement sportif par un aspect ludique dans lequel la féerie des cristaux et de la lumière étincelante pourrait prendre place de façon libérée, fut un argument supplémentaire pour la sélection de ce projet lauréat du concours organisé par la ville de Liège.
A ces deux arguments s'ajoute celui d'un choix architectural exigeant en faveur des équipements techniques les plus pointus en vue d'une économie d'énergie optimale.
Reste aujourd'hui à rassembler tous les ingrédients de ce pari, dans une enveloppe budgétaire étroite, en jouant, centimètre par centimètre, sur toutes les astuces possibles en vue de mises en oeuvre les plus économiques et les plus rentables qui soient.
Dans cet exercice technico-budgétaire, la plus grande difficulté réside dans l'angoisse que suscite la moindre décision en faveur d'un matériaux plus performant ou d'une protection supplémentaire, étant donné les surfaces importantes sur lesquelles se développent ces techniques, soit près de 4000m² au sol.
A quand des moyens conséquents pour des programmes publics ambitieux? A quand des budgets prévisionnels adaptés aux échéances de réalisation? A quand la fin de l'instrumentalisation des architectes, chargés de résoudre tous les paradoxes?
Le métier de concepteur est et restera encore longtemps un métier de combats incessants, générant angoisses, stress et découragement, que seule permet de combler une politique de "fuite en avant" à la poursuite incessante de nouveaux concours et de nouveaux challenges.
La dimension poétique d'une oeuvre architecturale est quant à elle la seule respiration possible pour transformer tous les acteurs du processus, en interlocuteurs dune négociation partagée à égale valeur, mais à responsabilités respectives. L'architecte est et restera le metteur en forme dans l'espace. Aux autres d'assumer leur tâche en vue d'un but commun.












