Ottignies, d'un projet à l'autre
Dans la continuation du projet concerté d’espaces publics mené en 1999 dans 4 quartiers d’Ottignies (Terrains de foot à Ottignies), les habitants du quartier Bauloy se sont réunis afin de déterminer les enjeux d’un nouveau projet de mobilier urbain. Ils sont accompagnés par un groupe d’acteurs comprenant entre autres l’association ‘Quartier du Bauloy, quartier de vie’, la Cellule de développement communautaire et l’Escaut Architecture. Tout comme le précédent, ce projet est lié à chaque étape à un processus participatif et s'inscrit dans une démarche d'apprentissage et de transformation sociale.
Une fontaine.
Le mot est lancé. Il déclenche des discussions dans lesquelles se mêlent l’histoire du quartier, des contes, des anecdotes, les problèmes récurrents, les manques. Et au travers de cela les envies de chacun. Le thème de l’eau trouve sa place, doucement. Des images aux mots, des mots aux images, aux textes :
« [...] La rivière est en pente douce pour que l’eau s’écoule lentement en un mince film dans lequel les enfants peuvent faire clapoter leurs mains […]. Le soir, dès que l’ensoleillement devient insuffisant, la pompe s’arrête, les tuyaux se vident et la rivière cesse de couler. Dès les premiers rayons du soleil du matin, la pompe reprend son fonctionnement et la rivière se remet à couler avant que les enfants n’arrivent. » Jean-Pierre LEBON
Des activités de sensibilisation à l’eau sont organisées, donnent lieu à des expositions. Les réunions de concertation prennent le relais de toute cette matière. L’emplacement du projet est choisi par les enfants d’une école voisine : c’est un ancien terrain de jeux, le long d’une route désormais piétonne qui sépare deux lotissements. Juste à côté du site, les filets rouge et blanc et le banc construits en 1999, traduisent une réflexion menée à l’échelle d’Ottignies et ancrée à cet endroit précis comme le précipité d’un environnement multiple intimement vécu par ses habitants. Le nouveau projet poursuit cette approche. De façon simple, pratique et ludique, il devra structurer un large espace tout en le connectant aux flux de circulation des habitants : les éléments verticaux de la fontaine créent la liaison visuelle entre le clos du Grand Feu et le clos Marie Doudouye, tandis que le changement de nature du sol, une pente douce recouverte de galets, invite à l’arrêt.
Un parcours.
Dès lors, la fontaine n’est plus seulement objet, c’est une étape au sein du quartier et un parcours que chaque utilisateur peut réinventer. Le positionnement du réceptacle pour eau potable sur le trottoir provoque la modification du trajet quotidien : le trottoir et la route se confondent. Les éléments qui constituent la partie réceptacle prennent la forme d’une machine à eau décomposée : commandée à partir de pompes à pied, de l’eau jaillit des éléments verticaux et est reprise par des éléments horizontaux, rebondit, son mouvement produit des sons, fait vibrer la matière du bois, de la mosaïque et des galets jusqu’à rejoindre finalement un filet d’eau qui traverse le site jusqu’au clos Marie Doudouye. La machine à eau vibre à travers les mouvements qu'elle inspire : appuyer sur les pompes à pied, grimper d'un côté ou de l'autre, jouer avec l'eau qui s'écoule entre les galets. Cet assemblage revêt le sens que lui confèrent ses utilisateurs:
jeux,
banc,
lieu de rafraîchissement
et encore point d’information et d’exposition
grâce aux panneaux lumineux intégrés dans les éléments verticaux.
Le temps de l'action.
La construction du projet est fondée sur la participation des habitants, d’entreprises et des établissements d’enseignement professionnel avoisinants, chaque partenaire intervenant de manière spécifique dans l’articulation du projet.
Les matériaux envisagés sont choisis pour leur facilité de mise en œuvre et leur disponibilité. Les galets au sol et la mosaïque qui pare les éléments verticaux peuvent par exemple être récupérés et placés par des groupes d’habitants suivant les dessins d’enfants effectués préalablement en atelier. Le travail plus conséquent, tel la maçonnerie ou la coupe du bois, peut être réalisé par les jeunes tandis que les éléments techniques seraient assurés par la commune. La conception et la réalisation d’objets particuliers, notamment les pompes à pied, seraient confiée à des étudiants.
La complexité qui résulte du processus participatif à cette étape de finalisation est allégée par l’échelonnement du projet en trois phases distinctes, chacune définie dans le temps, l’espace et suivant les intervenants :
phase 1 printemps 2008 :
Le raccordement à l’eau de ville et à l’éclairage public, la pose du circuit d’eau potable et les deux murets en maçonnerie encadrant le site seront gérés par les services techniques de la commune. La construction du premier élément vertical sera suivie par l’Escaut Architecture, tandis que l’intégration sur le site sera suivie communément par les différents partenaires. Les jeunes pourront alors poser une partie de la mosaïque.
phase 2 été 2008 :
Cette phase sera intégrée dans les Chantiers d’Eté. La commune devra préalablement poser le circuit d’eau non potable. Les ateliers de jeunes pourront alors déniveler le terrain en y intégrant les pompes à pied puis poser le parement en galets. Ils procèderont aussi à l’installation des bancs et du deuxième élément vertical.
phase 3 printemps 2009 :
La mise en place du filet d’eau, l’installation des bancs et du troisième élément vertical ainsi que la pose de la mosaïque pourront être effectuées par les jeunes.