La maison des enfants d'Anderlecht
Le traitement de la lumière et de la couleur a été fait en collaboration avec Eric Pringels, graphiste (architecte de formation)
Un lieu de jeux et de rencontres pour les enfants du quartier, la Maison des enfants d’Anderlecht n’était plus conforme aux normes de sécurité. Le projet, au départ une simple réponse à un besoin technique, s’est transformé en incursion dans le monde imaginaire de l’enfance. L'escalier de secours ne se définit plus en tant que tel, mais comme une nouvelle possibilité de circuler dans l’espace au même titre que l’escalier central. Grâce à cette double circulation se tisse alors une multitude de parcours qui passent de l’ancienne maison à la nouvelle cour, en traversant un volume qui ressemble aussi à une petite maison.
L’ensemble du bâtiment est devenu support d’une signalétique imaginaire, en continuation des dessins d’enfants accrochées aux murs. Ces pictogrammes donnent parfois des indications claires et en continuité avec le langage signalétique de la rue (comme la rampe supplémentaire de l’escalier central, peinte en rouge et blanc); d’autres fois ils deviennent des signes à interpréter librement par les enfants.
Programme de base
Réponse à la contrainte de sécurité visant à garantir l’évacuation des enfants en cas d’incendie. Programme subsidiaire : aménagement général des locaux existants, et recherche de surfaces supplémentaires pour des activités nouvelles.
La maison des enfants se compose d’une maison d’habitation mitoyenne traditionnelle, avec entrée cochère latérale, construite au tournant du XXe siècle. Le fond de la parcelle est occupé par un bâtiment industriel, plus récent. Entre ces deux bâtiments, une cour partiellement couverte, est encombrée de multiples annexes construites successivement.
Les activités qui menées par la Maison des Enfants sont du type 'école des devoirs' et rassemblent près d’une centaine d’enfants tous les jours suivant des horaires variables. Les ateliers sont répartis dans tous les espaces disponibles, tant dans la maison à rue (Rez + 3 étages) que dans le bâtiment arrière (Rez + 1 étage) qui forme un cul de sac. Il était donc impératif de transformer l’escalier en bois existant dans la maison, car il devait constituer une voie d’évacuation. Il fallait de plus garantir deux chemins d’évacuation à partir du fond de la parcelle.
Tenant compte de l’attachement des occupants du lieu à leur quartier et au caractère de leur maison, il fut décidé de ne pas remplacer l’escalier existant mais d’en créer un autre en béton. Celui-ci traversera la cour centrale, rassemblant autour de lui toutes sortes d’énergies créatrices.
Cet espace résiduel, dévalorisé pour l’instant, se transformera donc en cœur battant de l‘ensemble. Sur les différents plateaux accrochés à l’épine dorsale que constitue l’escalier, se développeront les diverses activités supplémentaires souhaitées, dont un studio vidéo/son, qui deviendra la 'boîte noire' de cet organisme, suspendue dans l’espace.
Tout ce mouvement en spirale aboutit à ce qui, dans notre imaginaire à tous, mais en particulier celui des enfants, représente l’archétype du bien-être, de la chaleur, de l’accueil, etc., à savoir la maison. Elle sera exprimée ici en creux, au sommet de l’escalier qui, tel celui d’Orphée, traversant la verrière, pour nous porter la tête dans les nuages.