Théatre Marni
Programme:
Transformation d’une ancienne salle de cinéma en salle de théâtre. Aménagement d’une nouvelle entrée et le foyer.
Construite en 1948 par les architectes Spinnael et Lebrun, la salle abritait 1600 places. L’entrée principale se situait sous un immeuble à appartement de la Place Flagey, dessiné en réponse au bâtiment de l’INR (Diongre 1933).
Jusqu’en 1974, la salle abritait l’un des plus grands cinémas de la ville. Elle devint par la suite une salle de concert accueillant des représentations de Sarah Vaughan, Lou Reed, Luis Mariano, Zizi Jeanmaire et bien d’autres.
Aujourd’hui, l’accès depuis la Place Flagey est occupé par une agence bancaire, inversant le sens des circulations vers la salle, à partir de la rue de Vergnies. (Côté scène).
Au-dessus de l’immense amphithéâtre, une salle de bal devait accueillir une large piste de danse, logée dans une fosse en contrebas de plateaux destinés à l’orchestre, aux bars ainsi qu’aux tables des clients spectateurs. Dans le sous-sol, un bowling fut aménagé en creusant les fondations de l’ancien bâtiment.
Il fut transformé en snooker, tandis que la salle de bal ne parvint jamais à ouvrir ses portes et que la salle principale était transformée en studio de radio-télévision.
En 1997, la compagnie de l’Ensemble Théâtral Mobile investit les lieux. Travaux de désossage, récupération et renforcement du gril, gradinage en bois pour 250 places, loges, réseaux et locaux techniques divers.Suite à l’incendie du snooker, le foyer fut logé dans le sous-sol, dans un espace, bas de plafond, logé entre les puissantes piles soutenant la salle. Ainsi, le mouvement naturel d’accès à la salle par le fond fut retrouvé. Les spectateurs sont invités à franchir un « espace d’émotion » à travers lequel la puissante structure en béton du bâtiment dessine l’espace à la manière des constructivistes du début du siècle, avant de découvrir le plateau, à même le sol de la salle.
Opération « minimale » dans ses moyens, elle se joue des codes de la théâtralité (le rouge, l’or et le noir), autant que des contraintes du lieu, pour révéler un lieu d’architecture puissante, perdu au sein d’un îlot urbain, à proximité directe de la place la plus caractéristique de la ville de Bruxelles.