Exposition de masques à l'Escaut
Un des moteurs le plus importants du bureau est le contact avec d'autres disciplines dans le domaine de la création (arts de la scène, arts plastiques...). Ces rencontres nourrissent la pratique architecturale en amenant des nouveaux points de vue et d'autres sensibilités, ce qui permet d'ajuster la pertinence des réponses architecturales.
Tenant compte de ces préoccupations, l'atelier accueille périodiquement des expositions et d'autres manifestations culturelles (répétitions théâtrales, projection de films...). Celles-ci sont envisagées comme un projet commun avec l'artiste dans la mesure où elles génèrent un dialogue avec l'atelier avant même d'avoir eu lieu. Au moment de l'événement, l' Escaut devient un point de contact entre les différentes disciplines, offrant un contact privilégié entre artistes, publics et architectes.
Erhard STEIFEL est l’homme des masques par excellence. Depuis quarante ans, il leur a dédié son existence entière, au point qu’ils se confondent avec sa biographie. Une passion qui plonge ses racines dans la découverte émerveillée de la magie du spectacle et de l’univers du carnaval. A 25 ans, il réalise seul, dans sa chambre de bonne, une centaine de masques pour le Théâtre du Châtelet. Puis vient la rencontre avec Ariane Mnouchkine et le Théâtre du Soleil. Depuis, les plus grands metteurs en scène ont fait appel à ce magicien des visages : Antoine Vitez, Maurice Béjart, Jorge Lavelli, Jean-Pierre Vincent ou encore Alfredo Arias.
Maître de son art, il est aussi le passeur exemplaire, nourri d’une connaissance intime et d’un esprit de recherche qui l’a conduit à découvrir au Japon, à Bali, au Sri Lanka… les secrets d’une tradition parfois en voie d’extinction.
Au fil de ses voyages, il réunit une collection unique, représentative des plus fortes traditions du théâtre masqué: Commedia dell’Arte, théâtre Nô, masques de Kolam et Wagang Topeng, du Chau de l’Inde et des danses du Tibet…
« Le masque, pour moi, cela veut dire être quelqu’un d’autre. Et c’est la définition du théâtre. Quand je travaille, je ne me dis jamais : « je vais faire un masque... ». Je pense au théâtre. C’est la vie humaine qui m’intéresse. Pas la forme du nez… »
Prendre au piège le visiteur dans son individualité. Transformer sa distance avec des systèmes culturels inconnus en une expérience intime. Poser dès l’entrée des questions avec lesquelles il peut s’identifier: questions du regard, du visage, de l’image de soi, du travestissement, de l’identité… Travail sur des niveaux multiples de lecture du sujet et aussi de chaque masque. Créer des fils d’information qui se nouent dans l’espace.