Extension du logement Bourdon
Un meuble de 28m², à habiter !
Extension d’une maison unifamiliale
Où ?
La maison existante, petite, coiffée d’une toiture en forme de chapeau de sorcière, semblait être sortie d’un compte de fées ou d’Alice au pays des merveilles. La famille s’agrandissant, la bâtisse s’était déjà vue dotée, il y a dix ans, d’une première extension: La salle à manger surplombant le jardin.
Pourquoi ?
La petite famille, dans la suite logique de son évolution, s’est retrouvée face au besoin d’un nouveau territoire : celui des enfants. Ce nouvel espace se devait être un lieu de transition entre la vie de famille et celle dont chacun des enfants devait décrypter ou construire les limites. Un lieu pouvant incarner les multitudes de trajectoires possibles à travers le réel.
Pour ?
La construction devait prendre place à l’endroit de l’ancien garage, précédemment démoli lors de l’exécution de la première annexe.
En plus d’abriter les fonctions de salle de devoirs –jeux - accueil des copains- TV - Play Station -Vidéo, l’espace était également un tourbillon de circulations entre la rue, le jardin et la salle à manger, tout en respectant les raccords des toitures aux baies existantes sur la façade de la maison et la première extension. Une petite boîte, à la fois cocon et continuité.
Cet enjeu fut traduit par un jeu de décalages et emboitements entre les différentes fonctions en accentuant la sensation de fluidité et de glissement. De ce fait, chaque élément se prolonge, accidentellement jusqu'à un autre et en interroge l’usage. Une plinthe devient tablette de fenêtre, une tablette de meuble devient renfort pour une autre étagère et l’escalier devient un banc. Ce dernier présente d’ailleurs des marches assez hautes, et l’emprunter demande une gymnastique de slalom entre écrans et poutres créant une sorte de coupure entre le monde des grands et des petits. Le mur mitoyen a été traité en briques apparentes afin de renforcer le lien de l’espace avec l’extérieur, même si la façade à rue présente un aspect
fermé contrairement à celle côté jardin qui s’ouvre entièrement.
L’ensemble de ces contraintes a permis de générer une succession de sous-espaces où chacun trouve sa place…même les parents.
Comment ?
L’exécution, de la majeure partie de l’ouvrage, était destinée à Thierry Dubois, ébéniste, qui releva, pour l’occasion, le défi de troquer son rabot contre un marteau de charpentier.
La complicité entre Thierry Dubois et les architectes de l’Escaut fut totale de la première esquisse jusqu’à la pose de la dernière plinthe. Chacun apportant sa spécificité et sa compétence dans la mise au point des différents raccords et assemblages, avec parfois des détours du coté des recherches spatiales dans les mondes virtuels.
Cette aventure unique devint rapidement le moteur du chantier, entraînant dans cette volonté de perfection l’ensemble des corps de métier présent, le tout pour le plus grand bonheur des Maîtres de l’ouvrage. Le résultat : un grand meuble à habiter.