Beaux Arts à Mons
- Introduction
- Fichiers liés
Association momentanée: l’Atelier d’Architecture Gigogne et L’Escaut
DANS L’EPAISSEUR DU TEMPS
Un musée d’art aujourd’hui est un lieu vivant, participant au foisonnement culturel. Il est aussi un outil de la conservation et de transmission de la mémoire véhiculée par les collections. Le patrimoine artistique que le musée abrite est sans cesse recréé par le regard, les œuvres se renouvelant par la manière dont on les voit. Le Musée des Beaux-Arts de Mons, que nous avons à réinvestir, est en lui-même une métaphore de ce jeu entre passé et présent : c’est un édifice qui a une histoire visible dans ses structures mêmes. Il est un témoin de la ligne du temps. C’est un des aspects que la présente proposition cherche à mettre en valeur.
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Beaux Arts à Mons
Association momentanée: l’Atelier d’Architecture Gigogne et L’Escaut
DANS L’EPAISSEUR DU TEMPS
Un musée d’art aujourd’hui est un lieu vivant, participant au foisonnement culturel. Il est aussi un outil de la conservation et de transmission de la mémoire véhiculée par les collections. Le patrimoine artistique que le musée abrite est sans cesse recréé par le regard, les œuvres se renouvelant par la manière dont on les voit. Le Musée des Beaux-Arts de Mons, que nous avons à réinvestir, est en lui-même une métaphore de ce jeu entre passé et présent : c’est un édifice qui a une histoire visible dans ses structures mêmes. Il est un témoin de la ligne du temps. C’est un des aspects que la présente proposition cherche à mettre en valeur.
Dans un rapport iconographique, le tableau de Emile Motte, multiplié sur la façade grâce à une découpe laser sur métal, affiche la présence de cette histoire du regard dans la ville. Le bâtiment se creuse. Sous le dôme central de toiture, un espace « piranésien » s’ouvre à la verticale jusque dans le sous-terrain voûté, introduisant la lumière naturelle dans les interstices de la matière. Cette ouverture des espaces est une invitation à la déambulation. Au sommet de cette zone se trouve une cafétéria ouverte sur les toits de la ville. Une telle aisance et familiarité d’accès pour le public sera renforcée par l’attraction que provoqueront l’Accueil et l’Art Shop, positionnés en vitrine donnant directement sur l’espace public. La requalification s’imprègne de la physionomie originelle du lieu : les circulations libres aux abords comme dans le bâtiment, la fluidité des espaces, correspondent au caractère ample et aéré de l’ancien couvent. Les anciens lieux de promenade recueillie deviennent aujourd’hui des sentiers de découverte de l’histoire de l’art et de la création contemporaine.
LA DYNAMIQUE MUSÉALE
Ouverture des espaces
Le bâtiment se creuse. Sous le dôme central de toiture, un espace « piranésien » s’ouvre à la verticale jusque dans le sous-terrain voûté, introduisant la lumière naturelle (voir optimisation del ’outil) dans les interstices de la matière. Cette trouée verticale est immédiatement accompagnée parles dégagements visuels orchestrés dans le hall d’entrée, qui ouvrent le regard sur le sommet de la façade néo-baroque, via la verrière plate qui le coiffe.Par ailleurs, à chaque niveau, plusieurs lignes de fuites au travers des plateaux invitent le spectateur dans la profondeur de l’édifice, vers la lumière du jardin. L’escalier creusé dans ce dernier aura une configuration « sculpturale » annonciatrice du paysage organisé en contrepoint du bâtiment.
Accessibilité au public
Cette ouverture des espaces est une invitation à la déambulation. La zone hors douane se traduit tant en plateaux horizontaux qu’au travers de cheminements vers les étages, via les larges volées d’escalier et l’ascenseur monte charges (voir Optimisation de l’outil). Au sommet de cette zone se trouve une cafétéria ouverte sur les toits de la ville. Elle constitue plus un support aux activités internes (cafétéria / salle polyvalente) qu’un équipement horeca susceptible de concurrencer les exploitations dans la ville. Cette fluidité des circulations est également recherchée pour autoriser l’accès à la maison Lescart (par le tunnel) et au jardin via le Rez de chaussée..Une telle aisance et familiarité d’accès pour le public sera renforcée par l’attraction que provoqueront l’Accueil et l’Art Shop, positionnés en vitrine donnant directement sur l’espace public.
Fluidité des circulations
La requalification s’imprègne de la physionomie originelle du lieu : les circulations libres aux abords comme dans le bâtiment, la fluidité des espaces, correspondent au caractère ample et aéré de l’ancien couvent. Les anciens lieux de promenade recueillie deviennent aujourd’hui des sentiers de découverte de l’histoire de l’art et de la création contemporaine. Cette fluidité des
circulations est également valable pour les expositions. Toutes les disposition sont été prises afin de permettre des expositions de façons variables et indépendantes niveau par niveau. Au rez de jardin et au premier étage, le décentrement de l’accès aux espaces d’exposition offre une nouvelle pratique des salles, permettant des expositions à multiples ampleurs, travaillant par boucles de circulations (voir les schémas de circulations). Au rez de chaussée, la différence de niveau contiguë au franchissement de la façade néo-baroque, est mise à profit pour générer un point de passage unique tout en ouvrant des regards, via les multiples percements existants dans les soubassement de l’ancien édifice. Une passerelle enjambe le souterrain offert à la visite au coeur des expositions permanentes., tandis qu’un large escalier à la fois intérieur et extérieur invite à prolonger la visite vers le jardin. Nous pensons que l’interprétation des expositions permanentes et temporaires pourra être envisagée de façon assez souple. Il est souhaitable en effet de créer l’habitude de traverser le bâtiment pour aller au jardin, tout en passant par une exposition sans cesse renouvelée.
Dynamusée
Cet esprit dynamique est également celui qui anime l’organisation du Dynamusée. Contrairement à la suggestion du programme, celui-ci est placé à l’endroit le plus élevé dans le bâtiment (en dehors de la terrasse). L’action nourrie par le Dynamusée est en effet un moteur d’entraînement pour tout le musée qui devient le réceptacle de ces pratiques à la fois créatrices et observatrices. La confrontation des oeuvres aux enfants ne se limite pas à un espace réservé pour eux. Elle est diffusée dans l’ensemble de l’institution, considérant les enfants de la même manière que les adultes. Dans une pratique interpellatrice contemporaine, le Dynamusée a été positionné de façon contiguë à la « galerie contemporaine ». Il est en effet imaginable que des artistes exposant dans cet espace particulier, soient des animateurs d’ateliers, de même qu’il est pensable que des enfants exposent à la place des artistes confirmés. Le Dynamusée est source d’interpellations, de regard critique, d’éducation et de formation pour un public plus jeune qui deviendra le public futur habitué à rentrer au musée dans un rapport au quotidien et non plus à l’occasion d’événements hyper médiatisés.
OPTIMISATION DE L’OUTIL
Lumière
L’outil premier d’un espace d’exposition est la lumière. L’invitation vers un éclairage uniquement artificiel formulée dans le programme ne nous paraît pas opportune à plusieurs titre. La richesse de la lumière naturelle, sa vibration, ses variations, offre l’occasion de découvrir les oeuvres de façon à chaque fois différentes, et d’en rendre leur présence d’autant plus vibrante. La disposition actuelle des verrières est par ailleurs évidemment difficile à maîtriser. Nous proposons donc une transformation complète des verrières en toiture en les modelant à la manière des « Shed » couramment utilisés dans les constructions industrielles pour des besoins d’équilibre lumineux et de sécurité. Le bâtiment offre à ce titre une orientation optimale, s’ouvrant vers le Nord, côté jardin, tandis que les espaces d’accueil et l’espace public sont généreusement orientés au Sud. C’est donc une lumière stable mais variable qui s’introduit dans la construction à partir de l’étage et filtre de manière délicate vers les étages inférieurs. Dans le cas du désir d’une obscurité totale dans le bâtiment, un système de stores verticaux ou de rideaux simples sera aisément mis en oeuvre suivant les besoins des expositions. Au rez-de-jardin, les baies sur jardin posent une question stratégique de mise en place des expositions. Générant une quatrième face inutilisable pour les accrochages, elles confèrent cependant à ces espaces une qualité spécifique à considérer en regard des autres salles.
Des dispositifs appropriés à chaque exposition seront à mettre en place. Par le hors plomb de la façade treillis nous créerons des pare soleil permettant d’éviter tout rayon direct du soleil à l’intérieur des espaces concernés.Au rez-de-chaussée, c’est le caractère obscur qui sera mis en scène. Cette pénombre accentuera une approche émotionnelle des expositions qui se développeront jusque dans le sous terrain. Cette pénombre sera aiguillonnée par les flux délicats de lumière provenant des cours anglaises et de l’escalier vers le jardin. En relais de ce travail sur la lumière naturelle, l’éclairage artificiel sera disposé dans les alignements des Sheds. La base de sa répartition dans la largeur du bâtiment.A l’étage, l’éclairage artificiel sera prévu pour fonctionner tant de façon indirecte, en veillant à faire couler la lumière vers le bas. Pour ce type d’éclairage, des appareils à fluorescence seront tout à fait appropriés pour diffuser une qualité de lumière du jour. En complément de ce type d’éclairage, des appareils à incandescence orienteront leurs rayons de façon plus ou moins ciblée suivant les angles d’ouverture des réflecteurs connexes aux ampoules. Sur base de cette orientation, les éclairages des étages inférieurs seront également établis suivant des rails encastrés ou non, dans le sens de la largeur du bâtiment, et susceptibles de recevoir des appareils à incandescence tout autant que la fluorescence, travaillant en direct ou indirect.
Logistique
Les locaux techniques ont évidemment été placés au rez de chaussée. A la fois proches de la réception des livraisons, il sont également contigus de tous les locaux à sollicitations multiples: la salle de Debriefing, le centre de documentation et l’art shop. Aux heures d’affluence faibles du public, cette disposition permet d’imaginer le fonctionnement public du musée avec une seule personne à l’accueil du Rez. Par ailleurs, l’acheminement du matériel d’expositions a été considéré comme partie prenante à la dynamique du Musée. De ce fait, le monte charges est également l’ascenseur public, ce qui permet une source d’économie importante, en limitant les moyens de levage à un seul équipement. De forte capacité, son utilisation par le public ou le service du Musée se fera suivant les horaires d’ouverture, en considérant le potentiel de fascination accompagnant le déplacement des oeuvres d’art. Quant aux locaux administratifs, il sont insérés au sein des circulations publiques. Cette installation centrale permet de penser à des dispositions très légères de contact avec le public, en parallèle avec le travail administratif. La salle polyvalente / cafétéria, sera à ce titre un excellent supportpour des réunions plus importantes (conseil d’administration, …) sur les toits de la ville.
Accrochages
Avec ou sans cimaises ?
Les pratiques d’accrochages sont diverses d’un musée à l’autre. La souplesse qu’offre la surface d’un mur et l’adaptation, pour chaque oeuvre, d’un système d’accrochage particulier, est une voie de qualité pour la présentation des oeuvres : elle permet d’éviter la vision des moyens de suspentes des tableaux à partir des cimaises. Seul inconvénient: la correction à chaque exposition, des percements provoqués par la précédente. Pour ce faire, des stratégies existent: le choix d’une couleur blanche standard pour les murs de support, de même que pour les panneaux ou blocs d’accrochage. De plus , un lambrissage des murs par des panneaux de bois autorisant l’accrochage des cadres au moyen de simples clous ne nécessitant pas de réfection des plâtres et peintures après chaque exposition, est envisageable en lien avec la réfection des plafonnages, tel que prévu dans le budget estimatif. Des systèmes aisés de suspentes à partir des plafonds seront également prévus dans les salles, en particulier à l’étage, en lien avec la constitution des toitures en shed.












