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regards sur MPH3

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Posted by Nadine Chanvillard on 2007-11-28 13:58:36

Tags: Musée de la Photographie, Charleroi.

Comme dans l’estomac d’un serpent qui aurait mangé un éléphant :

Sont-ce les murs qui se déplacent ou est-ce-nous qui évoluons de petits vestibules vers des hauteurs disproportionnées sans discontinuer ? Le musée est un moebius-orthogonal-troué, une sorte d’expérience «escherienne».
Ses multiplicités cadrées se révèlent d’autant plus avec nos présences et celle du parc, et la minuscule jonction se place comme une ventouse face au vénérable carmel : je veux être là, faire partie intégrante de toi ! Et ça marche parce que le labyrinthe débute où vous le voulez, vous ne déambulerez jamais que dans une seule perception d’espace muséal : ce sont les cadres paysagers qui vous indiqueront le chemin.

Florence

31/07: Entrée par l'arrière, les limites du parc sont prégnantes: le mur aveugle du centre sportif et celui qui sépare le parc des jardins particuliers. A l'intérieur, les pièces offrent des points de vue sur l'extérieur qui s'additionnent dans ma tête et démultiplient l'espace. Impossible d'en recomposer l'articulation, j'en garde comme une vision cubiste qui déploie le bâtiment comme une fleur en papier qu'on défait et qu'on aplanit pour tout de suite en faire une autre. La visite du parc à travers les ouvertures du musée me fait oublier les murs qui créaient à l'arrivée des limites nettes et impitoyables au regard.
18/11: Un jour lumineux: lumière blanche éblouissante en arrivant à Charleroi, lumière qui se répand au ras des paysages durant le trajet en voiture. Arrivée sur place, je retrouve les mêmes impressions de lumière, mais cette fois renvoyées par la façade. C'est difficile à décrire: soit un reflet qui renvoit au ciel son image, soit un amplificateur qui saisit les rayons, les piège dans ses replis, les concentre avant de les renvoyer plus intenses, soit un révélateur qui laisse le soleil s'infiltrer dans ses lames et réfléchir les couleurs qui tapissent secrètement ses plis. C'est fascinant.

Nadine

"Bâtiment relationnel": Ne peut se lire qu'en rapports et non en finitions.

Rapport à l'ancien carmel: le développement de la façade sud, obstruée pour abriter ses collections, est à considérer sur toute sa longueur pour comprendre le concentré d'émotions (couleurs indiscibles dans les voiles métalliques de la façade), de mises en places (la cafétéria face au jardin, la salle pédagogique face à la cîme des arbres) et les prises de positions (espaces transitifs entre l'ancien et le nouveau / escalier contortioniste entre la terrasse et la serre).

Rapport au jardin: l'ensemble ainsi formé (l'ancien + le nouveau) impose un recul auquel le jardin répond tout juste dans ses extrémités. Une déambulation s'impose, un regard sur et à travers la nature, un habitacle se dessine, celui des murs contours de la propriété. La lumière se joue des arbres autant que de l'acier, du béton ou du bois. Les couleurs de l'automne carressent celles des lames de métal. L'aubette "chez Fanz!" prend le relais de notre esquisse (un bâtiment capteur) et anticipe sur le résultat escompté pour le nouvel édifice.

Rapport au voisinage: le bâtiment se dessine en creux successifs donnant sans arrêt sur des lignes de fuites dont les constructions voisines deviennent les points de mire ou les fonds de scènes. Les éléments de la nouvelle construction constituent des avant-plans qui n'ont de sens et de retentissement que par la vibration de la lumière qu'ils partagent avec ceux dans le lointain. L'ici et l'ailleurs se traduisent dans une expérience de cadrages tridimensionnels dans lesquels tourbilloonnent les images qui nous échappent autant qu'elles se succèdent.

Le parcours intérieur joue comme un miroir de cette expérimentation extérieure, remplissant dans ses potentialités caverneuses la mission à laquelle il est convié: la muséographie d'un regard multiple.

Olivier

MPH3 Zoom sur la façade
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