Articles




Echanges Belgique-Brésil
publication year : 2010



Le projet d’échanges Belgique-Brésil a été mené conjointement par Vrac/L’Escaut et a été suscité par le festival Europalia 2011-2012.
Il est fondé sur la dynamique existante à L’Escaut: les espaces non occupés par l’agence d’architecture permettent le développement de projets culturels sous la forme de résidences, ateliers et tables rondes.
Le 1er étage, équipé d’une cuisine et d’une grande table, réunit tous les habitants du lieu - artistes et architectes - à l’occasion du repas et permet des échanges à partir d’une pratique quotidienne.

Le projet d’échanges Belgique-Brésil considère le déplacement comme matière artistique: comment une pratique peut-elle incorporer le déplacement?
A partir de la mise à disposition des espaces à L’Escaut, le projet est structuré suivant des moments de rencontres tels que les repas, des tables rondes et ateliers partagés.
Il ne s’agit donc pas de l’exportation de « productions artistiques finies ».

En juin 2010, Nous avons contacté plusieurs artistes et architectes de Sao Paulo, Rio de Janeiro et Curitiba afin de leur présenter le projet.
En septembre 2010, un voyage sur place nous a permis de rencontrer plusieurs d’entre eux:
A Sao Paulo:
Vera Pallamin et Euler Sandeville professeurs – docteurs à FAUUSP
Teatro da Vertigem
Grupo XIX
Grupo Parlapatoes
Satyros
Paidéia
Cia Sao Jorge de Variedades
Les ateliers lancés par Françoise Schein
Teatro Ventoforte
Cia pessoal do Faroeste
A Rio de Janeiro:
Jorge Mario Jauregui
A Curitiba:
Grupo Couve-flor
Université Positivo, participation de L’Escaut au séminaire international 2010 (SIWCB 2010).
Newton Goto. Projet Circuitos compartilhados.

En octobre 2010, encouragé par Paulo Herkenhoff alors curateur général d’Europalia et suivant les conseils de Rafael Cardoso, nous avons élargi le champ de nos contacts à Manaus, Bélem et Fortaleza.
Manaus:
Coletivo Difusao
Bélem:
Orlando Maneschy
Fortaleza:
Alpendre – casa de arte

Le projet s’est ensuite développé indépendamment d’Europalia à partir de demandes de subsides et mécénat d’entreprises qui n’ont finalement pas abouti.

En juin 2011, Europalia nous a proposé d’intégrer la résidence de Vertigem dans leur programmation.
Dès nos premiers contacts avec Vertigem en 2010, il y eut cette envie de partager nos pratiques respectives, envie qui s’est renforcée au fil des rencontres (09/2010, 09/2011 et 11/2011).
Vertigem prend habituellement la ville réelle comme lieu de représentations.
Ainsi, le rio Tietê était la scène de la pièce BR-3 ; le public pouvait jouir d’un nouveau regard sur la rivière, habituellement exclue des vitalités urbaines.
En tant que collectif des arts de la scène, Vertigem est aussi acteur dans la ville.

En novembre-décembre 2011, Jorge Jauregui devait venir en Belgique pendant une semaine, mais il dût annuler pour des raisons de santé.
Architecte et artiste, Jorge Jauregui agit sur la reconnaissance et l’affirmation des identités multiples des favelas de Rio, et la construction de projets de logements, équipements et infrastructures qui s’appuient sur les potentiels et la complexité de ce tissu urbain informel.
A partir de son travail, une table-ronde eut lieu à L’Escaut le 28/11 sur la question de la représentation des dynamiques sociales et culturelles dans la ville.


13/11/2011: Synthèse réunion avec Henrique Mariano (producteur de Vertigem). En préparation à la résidence du collectif.


28/11/2011: Table ronde à partir du travail de Jorge Jauregui: Les représentations des dynamiques sociales et culturelles dans la ville.


07/2011: Curitiba: Visite de l'exposition "Coisa Publica" avec l'artiste, Newton Goto.

07/2011: Sao Paulo: Visite d'une ruine avec Grupo XIX.


09/2010: Synthèse des rencontres à Sao Paulo, Rio de Janeiro et Curitiba.


09/2010: Curitiba: Université Positivo, participation au séminaire international 2010 (SIWCB 2010).


09/2010: Curitiba: Couve-flor sur leurs pratiques à partir du lieu le Cafofo.


09/2010: Sao Paulo: Rencontre avec la Cia Sao Jorge de Variedades.

06/2010: Premier draft d'une programmation visant à croiser l'art et la ville à partir de formes de rencontres.




Mies van der Rohe 2011 Exhibition
publication year : 2011

The shortlisted architecture projects of the Mies van der Rohe Award 2011 are exhibited in the Museum M (Leuven) from 21.03 to 28.04.2012. (Collaboration with Stad & Architectuur)

The Victor Jara cultural hall, a project in temporary association with Bureau d’études Weinand, is part of this itinerant exhibition.

Client: Municipality of Soignies, Cultural Centre of Soignies (Management) / Dexia Bank SA (Developer - building)
Funding: Belgian French Community
Fluids: Seca Benelux
Acoustics: Capri Acoustique
Artist: Domitienne Cuvelier
WBI sponsored the project presentation at this exhibition.

Video is loading...



Shooting and post production : Bartélémy Massot




Les jardins du Luxembourg
publication year : 2010

Texte écrit par David Evrard, juin 2006

"Ce n'est pas le bâtiment qui est le sujet, c'est l'homme", Charlotte Perriand



La proposition des conteneurs pour "les jardins du Luxembourg" relève d'une position historique particulière. Le conteneur marchand est une forme générique, un module sculptural apparenté à la pièce de lego. Il ne dit rien de spécifique même s'il peut devenir le fantasme, l'image ou le symbole d'une société marchande globale, d'une société de contenants.

Parce que, par essence, le conteneur n'a pas de contenu, il faut le "remplir". Les années 80 ont été marquées d'une part par le retour à la peinture, le libéralisme cynique, le capitalisme darwinien et les pet-shop boys et d'autre part par une culture qui renouvelait l'idée d'indépendance, le nouveau free jazz, le post-punk, les actions d'artistes et différents mouvements sociaux, tous ont travaillés sur les notions d'industrie.

La working class voit s'écrouler ses grands appareils, en fait son imagerie et sa culture, celle des hauts fournaux, celles des docks ou des mines. Les investisseurs voient doucement entrer un PC dans chaque foyer. L'industrie lourde perd de son contenu "culturel", localisé, répercuté dans le folklore, certaines traditions, certaines habitudes et l'industrie des services voient naître des formes nouvelles d'entreprises et de cultures.

Le conteneur est révélateur de cela, à la fois massif et lourd, il est le symbole d'une grande disponibilité de fonctions et de mouvements.
Le conteneur est peut-être bien un truc Vintage.
Le Vintage c'est la réappropriation de formes passées dans une culture contemporaine. L'enjeu aujourd'hui n'est plus seulement la forme, ni l'air du temps. L'enjeu aujourd'hui est d'incarner les formes, peut-être comme on incarne un rôle, plus sûrement comme on habite un lieu ou une idée.

Face à un paysage architecturé tel que celui qui nous est proposé ici, nous devons en créer le récit, le scénario dans lequel nous allons entrer. Comme lorsqu'on regarde un tas de cailloux recouvert de lierre: ça ne prend tout son sens que lorsqu'on vous dit que là, vit le fantôme d'un monstre ou d'une dame injustement crucifiée. "Les Jardins du Luxembourg" c'est ça: hanter le paysage, trouver le dispositif qui le mettra sous tension.

La foule, les regroupements vont opérer sur ce terrain comme une véritable forme. Sûrement la forme la plus intéressante du projet. Le travail que nous voulons envisager est de supposer l'incarnation de ce site par la foule.
Ca pourrait être intéressant de créer dans les containers outre des espaces d'expo ou bars etc, des sortes d'espaces privés, des espaces libérés, avec un mobilier simple, peut-être des plantes, des posters, un système d'éclairage qui fonctionneraient comme des petites zones habitées.
Des conteneurs peints aussi. Entre signalétique et décor, comme de gigantesques bornes ou d'étranges totems.

Je pense que ce pourrait être assez intrigant de travailler sur une sorte de programmation inachevée, sur des images magnifiques, super douces et élégantes, comme les folies de l'âge classique ou les jardins réservés, qui seraient réalisés à partir de choses extrêmement structurées, et qui, ensemble, dessinent différentes échelles.
Travailler l'apparente solidité des conteneurs avec la légereté d'un décor. Je pense à ces images de favelas futuristes, de grandes poubelles réhabilitées dans les films d'anticipation ou les gens se recréent des paradis avec des restes d'avions, d'autos, de plantes, recréent des religions et d'étranges communautés.

En supposant différentes échelles à ce terrain, outre le fait que nous conduisons les flux et circulations sur l'ensemble du site, nous insistons sur la capacité qu'auront les publics à investir et à habiter ce terrain, nous travaillons sur le contenu du conteneur, à la fois comme sujet et comme dispositif. Dans le projet "Les Jardins du Luxembourg", le conteneur est autant un modèle qu'un totem, un appartement qu'un bar, une discothèque qu'un jardin d'hiver ou un module. Il pose les conditions de l'existence de ce site comme les bases d'un scénario.



Scenography >>




Jouer dans l'espace public
publication year : 2010

Projet de Domitienne Cuvelier sur le square voisin de l'Espace culturel Victor Jara, photos octobre 2010






Mai 2009


Kelebra http://picasaweb.google.fr/kelebra99 - Mon Kok, presque ile de Kowloon (Hong kong)

Artiste plasticienne, Domitienne Cuvelier installe dans l’espace public des formes en dialogue avec l’architecture et les dynamiques de vie alentour.
Elle joue avec les couleurs, les ombres et la lumière, propose des trajets visuels, physiques et intellectuels qui suscitent la créativité et la liberté du geste. Elle invite tout simplement à s’approprier et à réinventer l’espace libre, à le partager et l’habiter.

A Soignies, son travail s’est construit pendant 2 ans, parallèlement à l’élévation de la future salle culturelle, pour occuper la petite place rue des Orphelins.
Accompagnée par les formes naissantes du bâtiment, imprégnée des histoires du lieu et de ses occupants, inspirée par les rencontres culturelles à venir, elle trace des lignes, dépose des volumes, sème des couleurs, souligne le temps, les saisons.

Elle décide d’y placer:
- 9 bancs et 9 tabourets dessinés et agencés pour le lieu: pistes à occuper, à se raconter et à partager.
- 5 pierres bleues sur lesquelles 5 plateaux de jeux sont gravés : parcours venus des 4 coins du monde à connaître et à réinventer.
- un pommier, un aulne, un noisetier, des rosiers sauvages, des graminées et des fleurs : graines et pompons à récolter, à observer, à dessiner, à jouer, à partager…
- des espaces vides pour laisser s’installer les fleurs et les insectes indigènes : territoires se jouant à une autre échelle.

Mais pour que la place vive, il faut s’approprier les jeux et en connaître les règles ou en inventer d’autres, ramasser les graines, les cailloux, les emporter de chez soi ou du café voisin, rencontrer et partager du temps avec l’autre.
La communication avec les habitants, les structures scolaires, les associations, la commune et les commerces fait donc partie du processus de création.
Les classes de primaires de l’école communale de Soignies travaillent depuis quelques mois à la découverte des 5 jeux gravés sur les pierres. Ils en ont fait leur thème de l’année, support de travail dans toutes les matières étudiées. Quelques commerces récoltent de petits objets-pions et les mettront à la disposition des joueurs. Le centre culturel, certaines associations locales, 30 000 cartes postales, un site internet et des articles dans la presse diffusent les règles des jeux auprès des habitants.
Enfin, 3 malettes pédagogiques permettront de connaître les 5 jeux, leurs variantes et leurs origines. Elles seront mises à disposition du public, à la ludothèque, à l’Office du Tourisme et au Centre Culturel.

Les arbres et les pierres seront en place dès le printemps. Les bancs, eux, arriveront en octobre 2009!
En attendant tout le monde peut apporter son tabouret pliant, sa chaise de cuisine, sa caisse, son vélo, son voisin …

Ce travail est soutenu par : la Ville de Soignies, L’Escaut, les Carrières du Hainaut, le Centre Culturel, le CEFOMEPI (centre de formation aux métiers de la pierre), et les entreprises Bernard Construction.

Architecture>>




Cheval Noir Cheval Blanc
publication year : 2000

A propos du site dénommé "Cheval Noir" à Molenbeek-St.Jean - 16/04/2007



Impressions : Gérard Béthume

Volonté de patrimonialiser, de sauvegarder, de vouloir maintenir ou faire garder…mais sans regarder.
La trace patrimoniale de ce bâtiment n'existe plus, ce n'est plus et même pas une coquille vide ou débarrassée de ce qui en faisait sa nature. Qui sait encore, ce qui s'y réalisait exactement?: brasserie, certes, mais encore…

Sa silhouette, de par son profil et sa teinte, fait partie du paysage du quartier, mais combien de silhouettes plus significatives, plus emblématiques et plus architecturales ou patrimoniales n'ont pas eu la chance d'être sauvegardées.

Si le témoignage industriel se doit d'être porté sur les lieux, le site du Belle-Vue voisin est plus significatif et combien plus potentiel.

Pour vouloir le maintenir, il y a à le replacer dans une réalité, ce n'est pas un patrimoine, détourné et remanié, il véhicule à ce jour, la peur et la retenue, la frilosité et la médiocrité créatrice.

Pour vouloir le maintenir il n'y a pas à le réinvestir, mais à l'investir, lui révéler son existence de son origine jusqu'à aujourd'hui et non d'une partie de son passé industriel, l'investir, c'est se débarrasser de tout sentimentalisme médiocre, de toute imagerie de lobby, de toute allégeance patrimoniale et de tout affect sur la trace.

Ce bâtiment n'est pas un objet, il appartient certes au site, mais c'est le site qui est porteur et intervenir sur ce site (de traces industrielles) c'est intervenir sur toutes ses parties dans un esprit de préoccupations dynamiques d'aujourd'hui, elles seules peuvent prétendre porter l'héritage de ce qui a fait surgir cette construction au sein de son quartier.

Si vouloir le garder, peut porter une question relative au développement durable, coût de la démolition et du recyclage, soit, mais alors, cette préoccupation doit être le ferment d'une attitude générale sur le site, attitude pouvant porter cette construction comme support à un intérêt énergétique, ce qui le replacerait à son origine de réalisation industrielle.

De cheval noir en faire un cheval blanc, de relique à édulcorer et de nos appétits à formaliser, en faire un porteur de nouveaux regards autrement plus préoccupants que des maintiens de toiture, respect des percements et des attributions catégorielles ou programmes clichés.

Cheval blanc, avec vêture et robe blanche énergétique, générant des voisins avec de nouveaux potentiels et des accents de performance plus que des attributs architectoniques ou esthétisants d'un âge à présent dépassé. L'esthétisme n'est pas dans la stylisation formelle ou radicale, lobbyiste et excluante mais dans notre volonté d'adaptation à envisager de nouveaux éléments qui se profilent, mixité des systèmes d'énergie et mixité des fonctions, mixité des cultures et des programmes pour réaliser un quartier ou plutôt un éco-quartier innovant et enthousiasmant.

Cheval blanc pour cavalier blanc. Ce qui est surtout souhaitable c'est sortir du cliché que l'architecture est la solution, ce n'est pas l'architecture qui doit être portée mais les habitants et occupants du site qui pourront vivre et porter un mode de vie différent et en harmonie avec nos futures responsabilités. Pour cela il y a lieu de s'inscrire dans une architecture qui échappe aux pièges et qui veut porter le fruit d'une démarche collective pour laquelle les architectes ont à s'engager en cherchant à s'ouvrir à des solutions innovantes nourries de technologie et empreintes d'une écologie réelle.

Les premières réalisations du modernisme ont eu leurs raisons sur des bases d'hygiénisme (le blanc, les matériaux lisses), de lutte contre la tuberculose, (orientation et détachement des volumes, volonté de lumière et de soleil), de proposer de nouveaux programmes et équipements fonctionnels (écoles, crèches, dispensaires, hôpitaux, logements sociaux) et enfin de réponse par moyens limités ("architecture de guerre" Victor Bourgeois). Cette époque a tué les styles 1900 et Horta s'est vu reléguer d'un autre siècle. Notre temps peut se reporter à ces temps, l'architecture pour une grande partie de l'opinion, se trouve encore dans les styles de toutes catégories situés entre des néo-modernistes nostal"gisants" et des contemporains académisants se partageant au-delà de querelles les mêmes réponses.

C'est le mode de vie qui doit être le but ou plutôt le début. L'architecture a à dépasser l'expression de l'ego de l'architecte et à promouvoir avec d'autres disciplines (autres que leurs associés, urbanistes et aménageurs), une dynamique sociale qui conjugue de nouveaux rapports et relations de voisinage, inter-culturels, hors des exemples jetés et démagogiques ou récupérateurs, commerce équitable, réponses aux aspirations et identités des quartiers et nouvelles propositions selon les potentialités de chaque lieu.

En cela, l'architecture pourrait être une forme de cavalier blanc.